13/03/2008

Création d'un jeu en classe, l'expérience de mme Harray

 

En rénové (2ème année) à Liège, une enseignante a utilisé au cours de cette année les dossiers de la petite boîte "Au temps de Jésus" du Sycomore pour étoffer son cours de religion la nourriture, les animaux, la vie politique et sociale... Elle a puisé tant dans le matériel d'animation avec ses jeux et activités diverses que dans les fiches de documentations à usage de l'animateur.

A la fin de l'année, elle a demandé aux élèves de créer eux-mêmes un jeu sur la personne de Jésus Christ. Seule obligation qui y figurent 52 cartes de questions, assorties des réponses.

Pendant 4 heures de cours, les jeunes ont revu leur matière, travaillé la documentation à leur disposition, creusé les questions. Par groupe de 2 ou de 3, ils ont rédigé leurs cartes avec beaucoup de sérieux. Le résultat est remarquable certains ont imaginé et fort bien réalisé un jeu de l'oie, un trivial poursuit devenu "Christus pursuit",... La planche de jeu réalisée donne, à elle seule, l'envie de jouer. Quant aux questions, il est manifeste que l'ordinateur n'a pas beaucoup de secret pour certains car la présentation des questions/réponses est soignée et souvent colorée.

Dans un deuxième temps, les jeunes ont sélectionné leurs jeux les meilleurs et une dernière heure de cours a été consacrée à les expérimenter.


Enfin, cadre scolaire oblige, il fallait donner des points. Le professeur a sélectionné 20 de leurs questions qu'il se fera à son tour un plaisir de leur poser, pour la moitié des points, l'autre moitié reflétant l'évaluation de leur travail dans la réalisation du jeu.

Ainsi, des jeunes dont il est manifeste qu'ils ont d'autres centres d'intérêts dans la vie que de parler de Jésus de Nazareth - c'est peu dire - se sont manifestement passionnés pour ce travail et y ont consacré - du moins certains - bien plus que les 4 heures accordées dans le cadre du cours de religion. Ils ont étudié leurs questions, ils ont confronté leurs recherches tout en s'amusant ,ils ont découvert un Jésus bien réel qui leur était jusqu'alors inconnu.


Nous ne dirons jamais assez à Madame Harray combien sa visite pour nous montrer ses 6 meilleurs jeux (sur 40) nous a fait du bien et nous encourage dans notre travail. Sa façon de "donner cours" dans un milieu réputé difficile met directement dans le coup les jeunes eux-mêmes. Ce que nous avons vu nous montre que les élèves sont capables, par une recherche personnelle ainsi stimulée, de se passionner pour leur projet et de travailler en profondeur.

Le jeu parabole

 

Le jeu parabole

Au terme "parabole" du Dictionnaire du Nouveau Testament de Xavier Léon-Dufour, on trouve : "plusieurs termes caractérisent le mode littéraire qui procède par comparaison et par énigme...  Ceux-ci désignent non seulement la comparaison développée mais aussi l'énigme, la comparaison allégorisante dont le but n'est pas simplement de fournir une illustration mais d'inviter à chercher une signification".

Un jeu peut-il être une parabole ?  Il en présente en tout cas toutes les caractéristiques et va plus loin puisqu'il met en situation.  Il ne dit pas seulement une expérience, il la fait vivre.  En cela il va plus loin quel le simple récit.  Il est énigme et incite à chercher une signification.  Il permet d'aborder des thèmes en relation avec la vie, de mettre en lumière les valeurs qui orientent notre façon d'agir, souvent de manière non-dite et parfois même non-réfléchie.  Que le jeu se déroule dans le sérieux ou dans la grande rigolade, l'échange, pour être bien mené, tirera parti des situations de jeu et des réflexions qu'il a suscitées.  L'animateur prendra soin de les mettre en évidence pendant ou après l'animation.  Il aidera les participants à ouvrir les yeux sur le sens qu'ils donnent ou donneront à leur vie.

C'est dans ce terreau que le (la) catéchiste éveillera à la recherche de sens et sèmera la Parole.

Toute situation humaine, toute affirmation peut être mise en lien avec une attitude, une phrase de Jésus de Nazareth.  Cette confrontation sera plus riche d'enseignement que n'importe quel discours théorique.  Elle demande de la part de l'animateur beaucoup d'attention à ce qui se vit et ce qui se dit, beaucoup de bienveillance à l'égard de ses interlocuteurs, une cohérence personnelle et connaissance "vécue" de l'Evangile.  Il s'agit ici d'un partage de vie et de foi plus que d'enseignement.  Les jeunes demandent des témoins, des personnes-repères qui font ce qu'elles disent et qui disent ce qu'elles font.  C'est le seul langage audible par nos adolescents.

Ainsi donc, si un support matériel comme un jeu, n'affiche pas le signe typiquement religieux et ne contient pas de citations bibliques, il n'en est pas moins un outil catéchétique performant dans les mains de ceux et celles qui sont à l'écoute des jeunes et qui désirent leur proposer un choix de vie inspiré par l'Evangile.

Quand Jésus veut parler du Royaume de son Père, il raconte une parabole.  Il est rare que l'on y trouve le nom de Dieu ou une citation de l'Ancien Testament.  C'est une histoire humaine souvent banale : l'ivraie et le bon grain, le semeur, le repas de noces...  Et pourtant, elle contient en filigrane un message caché, qu'il explique parfois à ses amis.  "Que ceux qui ont des oreilles pour entendre, entendent".

Plusieurs de nos jeux se situent dans cette tradition.  A première vue, ils disent quelque chose des  gens, il font émerger ce qu'ils vivent et ce qu'ils pensent.  "A deuxième vue", ils mettront en route une catéchèse qui révèlera Dieu dans son lieu de prédilection : la vie des hommes et des femmes de ce temps.

Jeanne Marie Oleffe

Pour les 5-8 ans: les Moch'bons. Pour les adolescents: Comils'M - Options - Syfamie - Spirit story. Pour tous: Fiesta - Light.

Disponible au Sycomore à Wavre Tél. 010/22.50.03

Web : http://www.sycomore.be/  mail :  info@sycomore.be