23/03/2007

Echos de la conférence de Monsieur A. Dehant Professeur honoraire de l’UCL et fondateur du Centre de Recherche du jeu et du jouet

André Dehant est un remarquable connaisseur du monde du jeu et de son potentiel éducatif .
Son exposé fut à la fois clair, instructif et passionnant.

Le jeu est une activité innée, qui perdure à travers la jeunesse et l’age adulte ..... à condition d’être entretenue !
Il est lieu d’échange, de communication, d’interaction et de créativité. Si ce n’est pas le cas, il s’appauvrit et isole. On en perd le goût.

Quelles sont les qualités d’un bon jeu ?

1. Le plaisir. Le plaisir que peut procurer le jeu est primordial. Pouvoir jouer plusieurs fois et toujours s’amuser est un gage de qualité. En allant plus loin, on peut dire qu’une activité ludique qui ne serait qu’éclat de rire et défoulement, par la capacité de concentration qu’elle libère pour la suite vaut mieux qu’un soi-disant jeu didactique qui ne serait que de la matière scolaire camouflée.

S’il n’est pas amusant, ce n’est pas un jeu !

2. L’expression. Pouvoir s’exprimer est fondamental en éducation. Beaucoup de jeux libèrent l’imagination et la création. Souvent tout dépend d’ailleurs de la façon de les utiliser. Pourquoi, en offrant un nouveau jeu à un enfant, ne pas lui permettre d’inventer ses propres règles? Les lui faire expliquer, les laisser évoluer, clairement, d’une fois à l’autre ? Un éducateur attentif, qu’il soit parent, enseignant, catéchiste, y trouvera matière à observation et réflexion. Une complicité de bon aloi s’installera entre l’enfant, qui jouira de son espace de liberté, et l’adulte qui s’émerveillera de l’inventivité de son jeune complice.

Jouer n’est pas forcément synonyme de reproduire des règles préétablies.

3. L’échange. Certains jeux isolent. D’autres ne permettent pas de réelle communication entre les partenaires ou adversaires ! Or la relation est essentielle pour l’enfant. Il en a besoin pour grandir. C’est dans la possibilité qu’il offre d’établir des relations nouvelles et réciproques que le jeu tire son intérêt. Il y a là place pour la différence et pour une reconnaissance positive du changement.

Dans une relation pédagogique, quel est le meilleur moment pour introduire un jeu ?

Tout est possible, selon le type de jeu.
- au début, grâce aux jeux qui permettent d’acquérir certaines notions ou qui,

par l’ intuition, ouvrent de nouvelles pistes à la réflexion.
- en complément de l’acquisition d’une notion nouvelle pour aider à mieux comprendre.
- après l’explication, comme application pour intégrer et
mémoriser.
Sans oublier qu’une activité ludique courte et amusante, même si elle n’a rien à voir directement avec la matière, peut utilement détendre l’atmosphère et permettre de repartir de plus belle.
Souvent les jeux de table se prêtent à être adaptés en grand, parfois à même le sol. L’enfant vivra alors davantage la situation car il y sera plongé. Il pourra s’extérioriser, valoriser ses talents. L’activité prend alors une dimension supplémentaire.
Les jeux permettent des approches multiples. Les varier enrichit. A côté des jeux de hasard comme le jeu de l’oie, les jeux de tactique et de stratégie demandent réflexion et prise en compte des autres. Les jeux de collaboration facilitent l’intégration, l’organisation, les bonnes relations. Les jeux de compétition apprennent à perdre comme à gagner. Les jeux d’expression aident à se découvrir.

Quelle richesse pour la pédagogie !


- Monsieur Dehant édite chaque année un catalogue du jouet qui
commente les meilleurs jeux de l’année.
Il est en vente auprès de M. A. Dehant, rue des fusillés, 8 à
7020 Mons, Belgique

22/03/2007

Et si on jouait vraiment ensemble

Dimanche le 23/11/97

Catéchèse

Et si on jouait vraiment ensemble ?

Exceptionnellement, cette page “Junior” est destinée aux adultes, parents et animateurs de catéchèse, qui cheminent avec les enfants sur le chemin de la foi. Au cours des rencontres, le jeu peut occuper une place importante, comme l’explique une responsable du “Sycomore”, service spécialisé dans la création de jeux pour la catécbèse La dépense physique, le défoulement-le rire loin d’être incompatibles avec le sérieux du thème choisi, peuvent l’enrichir en y apportant des accents neufs et bienvenus.  Nous avons découvert une complicité inattendue entre la Parole de Dieu et le message vécu par le jeu de collaboration. C’est dans cet esprit que nous avons imaginé le grand jeu d’extérieur Sauve qui veut sur le thème "Nous suivons Jésus"comme l’équipage d’un navire fait  confiance à son capitaine”. Nos  “moussaillons” se sont passionnés pour le parcours semé d’embûches tant physiques qu’exégétiques. Le plus drôle et le plus éducatif a été l’empressement à porter secours aux camarades prisonniers sur l’île du diable où ils avaient échoué après une épreuve manquée. Ils avaient très vite compris qu’il était inutile de jouer tout seul et de se précipi­ter pour terminer premier. L’en­traide est devenue naturellement la première règle.

 

- Bref, un jeu de coopération, sans perdants. Exactement; ce type d’activité trouve bien sa place en catéchèse. Autant la compétition, bien dans l’air du temps, ne doit pas avoir voix au chapitre ici, autant les jeux de coopération sont, par eux-mêmes, une catéchèse. Ils permettent de vivre l’expérience de la parole annoncée. Tout en s’amusant, on découvre un autre mode de comportement, plus proche du Royaume que la compétitivité et l’exclusion ambiantes. - Le jeu permet-il aussi d’approfondir réellement la connaissance des évangiles? Certainement mais, dans le cadre d’un jeu, ce n’est pas la recherche pointue de l’étude exégétique qui est poursuivie! Par exemple, un jeu comme le BibleSkate y invite par le dessin et par le mime, avec des fous-rires garantis. Les pêcheurs de perles rend attrayant l'exploration de 48 textes du nouveau testament, mais les ‘plongeurs’ les pêchent dans leur livre d’autant plus rapidement qu’ils s’entraident pour éviter les dangers marins et qu'ils accumulent des coquillages pour l’accès au trésor. C’est un grand jeu d’extérieur ou de table pour une petite équipe - La vie quotidienne y occupe-t-elle une place?- C’est tout à fait possible avec un jeu comme le Light. Dans l’obscurité, éclairé par un petit luminaire central, chacun à son tour s’efforce de faire grandir l’espace lumineux dont il est responsable en citant des exemples concrets d’attitudes qui rendent notre monde plus chaleureux ou plus froid Celui qui parvient à son terme aide ensuite ses partenaires

Tous les enfants ont beaucoup à dire quand il s’agit d’expériences vécues.

- Ce style de jeu n’est-il pas difficile à gérer pour l’anima­teur?- Oui et non, c’est une question de mentalité.  La démarche que propose ces jeux colle tellement à ce que l’on a envie de transmettre qu’il suffit de jouer une ou deux fois entre animateurs pour se laisser convaincre de leur bien-fondé et pour adapter les règles à son groupe. Il est surprenant de découvrir que le réflexe premier est habi­tuellement le chacun pour soi, car nos enfants sont conditionnés Tout l’art de l’animateur consiste à ne pas intervenir et à laisser ex­périmenter combien les rivalités sont stériles. Il est bien plus gai et plus efficace de se donner des règles plus semblables aux ma­nières d’agir proposées par Jé­sus. Un moment de réflexion suffit pour mettre en lumière le sens qu il faut donner a nos vies si nous voulons aussi marcher à sa suite - Peut-on aussi utiliser d’autres jeux?  Bien sûr, comme par exemple les jeux brefs, mais ô combien significatifs, que sont les jeux Confiance diffusés notamment par l’Université de Paix, à Namur. Notre brochure Aventures de re­traites de Profession de foi ex­plique la façon d’intégrer le jeu ainsi que d’autres techniques dans la démarche catéchétique. Le jeu est toujours une aventure partagée dans la confiance entre tous les partenaires : enfants, adultes…et Esprit Saint.   JPB